Les expositions permanentes au Freies Gymnasium

Ces expositions ont lieu du 9 au 12 juin 2021

1) L’exposition BABEL d’Olivier Suter, présentée par le Forum du bilinguisme, en présence de Georges Pop

Conception et réalisation : Georges Pop, journaliste, directeur de communication, auteur, essayiste et scénariste de bande dessinée

2)  L’éditrice de Migrilude, Virginie Kremp, présente des ouvrages multilingues

Des imagiers plurilingues, imagiers qui tissent des liens entre langues et cultures.

Selon Virginie Picardat, l’éditrice, la diversité des langues et des écritures est aussi un encouragement à l’ouverture aux autres cultures et plus largement aux autres.

Virginie Kremp : « Je travaille l'ouverture à la différence par l'intermédiaire des langues. »

Un élément qui saute aux yeux lorsqu’on observe vos imagiers, c’est qu’ils sont illustrés de manière relativement figurative. Est-ce une condition nécessaire lorsqu’on s’adresse à des lecteurs d’aires culturelles très variées ? C’est une question complexe ! Pour la première édition de Bon appétit Suzy, par exemple, nous avons rencontré un problème avec une illustration. Pour la machine à café, Anne Lefebvre avait décidé de dessiner une cafetière italienne un brin fantaisiste (qui « faisait penser à » mais qui n’était pas la reproduction stricto sensu de l’objet). J’ai reçu des critiques à ce sujet.
Plusieurs pédagogues m’ont expliqué que, pour que l’enfant s’y retrouve, un imagier doit être une exacte représentation de la réalité. Je n’étais pas tout à fait d’accord. Selon moi, on pouvait faire rêver, on pouvait développer l’imaginaire et la poésie. Mais avant de développer cela chez l'enfant, il est vrai qu'il doit faire le lien entre le mot, le son et la chose. Il faut donc qu'il y ait congruence. J’ai donc entendu la leçon et, pour la réédition, nous avons opté pour une cafetière plus représentative de la réalité.
Sauf que, la réalité culturelle en France et en Europe n’est pas la même qu’ailleurs dans le monde ! L’égouttoir, par exemple, n’existe pas en Chine. Que faire alors dans le cas de mon imagier ? Est-ce que je devais décider de ne pas nommer l’objet ? La traductrice m’a dit que la langue chinoise permettait d’inventer le mot. Si on peut créer le mot, on crée aussi la réalité, le possible. J’ai donc inclus une traduction chinoise pour l’égouttoir.
Il en va de même avec le tablier. Nous avons fait le choix de reproduire un tablier « européen ». Mais il en existe de très différents dans d’autres parties du monde. Ainsi, en Inde, les dames, lorsqu'elles sont en cuisine, portent une robe longue qui fait davantage penser à une chemise de nuit.
C’est difficile de représenter la diversité culturelle par un seul dessin ! Aurions-nous dû montrer plusieurs types de tabliers ? En même temps, le propos est à visée intégrative. « Dans cet imagier, on vous présente la réalité de votre pays d’accueil » : voici le message que transmettent les livres de Migrilude. C’est un parti pris, il pourrait y en avoir d’autres...

3) Une présentation de livres des auteurs présents lors cette rencontre sera proposée par Guy Meylan, libraire chez Stauffacher.

4) Expositions de travaux des élèves sur le thème : à partir des mots.